Informations pratiques
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Découvrir cette église
L’église romane Saint-Vincent-des-Prés date du XIe siècle et a été classée en 1913. C’est un haut lieu du rayonnement clunisien de l’ancien doyenné de Bezornay, qui apparaît dans une charte de 905, puis sous l’abbatiat d’Hugues, abbé de Cluny. Le domaine s’est constitué entre 980 et 1010. De 1062 à 1073, l’église est restituée au Chapitre de Saint Vincent de Mâcon. Une confrérie de Notre-Dame des sept joies était établie dans l’église.
Des travaux ont eu lieu en 1836-1837. L’église a été restaurée par les Monuments Historiques entre 1993 et 1996. L’Association des Amis de Saint Vincent veille à sa sauvegarde.
Intérieur
L’église comporte trois nefs communiquant par des arcades. La nef principale est voûtée en berceau plein cintre sur doubleaux, portés du côté de l’entrée, par deux colonnes (ornées en leur partie supérieure, l’un de volutes, l’autre de fleurs de lys à cinq pétales) puis par six piliers massifs cylindriques destinés à résister au poids du clocher. À remarquer sur la colonne ornée de fleurs de lys, à l’entrée de la nef, en entrant par la porte principale, curieusement inversées, les lettres grecques Alpha et Omega désignant Dieu principe et fin de tout, appliquées à Jésus-Christ par l’Apocalypse.
La croisée du transept, qui porte le clocher, est surmontée d’une coupole octogonale sur trompes.
Le chevet roman est constitué d’une abside semi-circulaire présentant une peinture murale récente avec une colombe, symbole de l’Esprit-Saint, entourée de nuées sombres sur fond de ciel bleu.
Les travaux de restauration ont fait apparaître une peinture murale ancienne d’une figure en pied : s’agit-il de saint Vincent ou plutôt, avec sa barbe et son évangéliaire, de saint Paul ?
Le retable d’autel (restauré en 1999) représente, au centre l’ « Ecce homo », entouré des évêques saint Nicolas (avec les trois enfants de la légende sortant du saloir) et saint Claude (avec l’enfant à qui il aurait rendu la vie).
Extérieur
La porte principale en plein cintre est surmontée d’une moulure de chaque côté. Le chevet est orné de bandes lombardes et recouvert de laves.
La croisée du transept est surmontée d’un beau clocher roman, élancé, du XIIème siècle, présentant trois registres différents : en bas, des arcatures aveugles ; à l’étage médian, des baies cintrées solitaires ; au niveau supérieur, des baies cintrées géminées séparées par une colonne.
Saint Vincent
Il nous vient d’Espagne : né à Saragosse, il aurait été diacre et, pour sa fidélité à son évêque Valère, martyrisé en 304 à Valence, d’où son corps aurait été transféré à Castres puis à Lisbonne.
En France, saint Vincent est devenu le patron des vignerons, peut-être parce que le diacre verse le vin qui sera consacré à la messe, ou en raison de la consonance de son nom évoquant le vin et le sang. Il est généralement représenté vêtu d’une dalmatique, tenant une grappe de raisin, comme dans la peinture du XVIIIe siècle de la nef, parfois une serpette ou un sécateur, ou accompagné d’un baquet plein de raisins ou d’un tonneau.
Sa fête, le 22 janvier, à l’époque de la taille des vignes, est l’occasion de nombreuses manifestations, dont le caractère religieux n’est pas toujours le plus apparent.
Mais son culte reste vivant en lien avec les sociétés vigneronnes de secours mutuel. La liturgie du jour insiste sur la fidélité et le courage du martyr.
Travaux
Des fouilles archéologiques entreprises en 1994, sous la direction de F. Henrion, ont permis de mettre au jour, sous l’abside actuelle « une abside saillante en hémicycle mesurant 4m environ de dimension intérieure, décalée par rapport à l’abside actuelle de 20° vers le Sud-Ouest »… Il pourrait s’agir de l’église mentionnée dans le Cartulaire de Saint Vincent de Mâcon (charte 70 entre 937 et 962) dont elle dépendait.
Les travaux effectués en 1995-1996 ont remis au jour une ouverture sur l’abside, l’inscription Alpha et Omega, et la restauration de la peinture murale et du retable.
À proximité
Le joli hameau de Bezornay, juché sur une crête, fut au Moyen Age une dépendance de Cluny. Le doyenné de Bezornay est aujourd’hui une propriété privée, qui a été restaurée en 2010. Il ne reste que des vestiges du mur d’enceinte, une tour-porche romane, un ancien logis médiéval et des traces de pont-levis. C’était autrefois un doyenné clunisien, fortifié par l’abbé Yves II, à la fin du XIIIe siècle. Il prit en 1321 le nom de « castrum ». Il avait, en effet, un triple rôle : de défense, de résidence et d’approvisionnement de l’abbaye. Il gérait les domaines de la vallée de la Gande. Il reste aussi, au milieu de l’enclos, la chapelle Sainte Agathe, dont la curieuse abside est en forme de cône renversé. Elle est classée à l’Inventaire des Monuments Historiques.
« Je suis l’Alpha et l’Omega, dit le Seigneur Dieu, celui qui est, qui était, et qui vient, le Tout-Puissant. » Apocalypse 1,8.
L’église Saint Vincent de Saint Vincent-des-Prés est rattachée à la Paroisse de Cluny-Saint Benoît, qui compte 17 villages autour de Cluny soit environ 9000 habitants.
Pastorale du Tourisme et des Loisirs
- Diocèse d’Autun, Chalon et Mâcon
- www.pastourisme71.com
- Edition : juin 2015